Un compte joint s'ouvre en dix minutes et se défait beaucoup moins facilement. La mécanique tient en un mot, la solidarité, et c'est celui que l'on explique le moins au moment de la signature.
Joint ou indivis, deux choses différentes
Un compte joint s'intitule « Monsieur OU Madame » : chaque cotitulaire fait fonctionner le compte seul, sans avoir à demander l'accord de l'autre. Un compte indivis, dit « ET », exige la signature de tous pour la moindre opération. Le premier est commode et engage beaucoup, le second est contraignant et protège. Les banques proposent presque toujours le joint par défaut, y compris quand la situation appelait l'autre.
La solidarité joue dans les deux sens
Chaque cotitulaire répond de la totalité du solde débiteur, quel que soit celui qui a dépensé. Si l'un vide le compte, la banque peut réclamer l'intégralité du découvert à l'autre. Cette règle vaut aussi pour un chèque sans provision : sauf désignation préalable d'un responsable unique, tous les cotitulaires sont frappés d'interdiction bancaire et fichés, y compris celui qui n'a rien signé. La désignation se fait à l'ouverture, ou plus tard par avenant, et beaucoup l'ignorent.
Sortir d'un compte joint
Chaque cotitulaire peut demander sa désolidarisation par lettre recommandée adressée à la banque, sans avoir besoin de l'accord des autres. La banque informe alors les cotitulaires et transforme généralement le compte en compte indivis, ou le clôture. Attention au décalage : la sortie ne vaut que pour l'avenir. Les opérations engagées avant, y compris un chèque émis et non encore présenté, restent solidaires.
Ce qui se passe au décès
C'est la différence la plus mal connue. Un compte personnel est bloqué dès que la banque a connaissance du décès, jusqu'au règlement de la succession. Un compte joint, lui, continue de fonctionner au profit du cotitulaire survivant, sauf opposition des héritiers. Cette continuité est souvent la raison pour laquelle un couple choisit cette formule, et elle mérite d'être pesée avant d'ouvrir le compte plutôt qu'après.
Quelques précautions simples
Conserver un compte personnel à côté du compte commun évite de tout exposer, désigner un responsable unique protège l'autre en cas d'incident, et relire l'intitulé exact de la convention dit en trois mots si l'on a signé un OU ou un ET.









